4th
Méfiez-vous de certains promotteurs de l’altruisme par les temps qui courrent !
Je le dis le répète au risque de ressasser, nous sommes sous la férule d’un psychopouvoir ! Ce qui signifie que les formes de contrôle auxquelles nous sommes soumis ne recourent plus tant à la contrainte qu’à un cocktail de méthodes suggestives, et donc discrètes, où sont combinées séduction, dépendance, culpabilisation, infantilisation. Dans le but naturellement d’exploiter les ressorts de notre psychologie, savamment décortiqués dans le cadre du marketing pour orienter nos comportements. Il s’agit ni plus ni moins que de nous conditionner pour que nous soyons malléables, ductiles à souhait, de telle sorte que les membres de la “classe” dirigeante disposent d’une population réceptive, docile, adaptable et donc manipulable à souhait en fonction des desseins de cette classe.
Bon après cet incontournable rappel, promis au statut de ritournelle, voici l’exposé des motifs de ce billet ! Au cours des trois quatre dernières semaines j’ai entendu plusieurs fois un discours, assez nouveau à mes oreilles, qui soutient qu’il faut s’adresser aux gens en mettant en avant la responsabilité qui est la leur pour préserver voire accroître le bien-être de leurs congénères, ici et ailleurs !
La première fois c’était dans l’émission Du grain à moudre sur France culture avec pour thème du jour : “Vaccination : Faut –il protéger les populations contre leur gré ?”. La réponse vous pouvez vous en douter était plutôt non. Car la contrainte est passée de mode dans la boîte à outils du management moderne de nos sociétés. Pour autant, vous imaginez bien qu’il n’était pas question d’en rester là dans ce débat tel qu’il était organisé, en pleine phase de lancement par l’appareil médico-pharmaceutique (qui réuni l’industrie, l’Etat et une partie des médias de masse) d’une opération massive de vaccination qui balbutiait !
L’idée qui émergea de ce débat c’était qu’il fallait mettre en avant auprès de ces braves populations le fait qu’on ne se vaccinait pas pour se protéger soi mais les personnes fragiles autour de soi. Et l’un de citer à deux ou trois reprises le cas de sa grand-mère de 88 ans ; et l’autre de parler de nos enfants, population particulièrement exposée et menacée ! L’effet recherché étant bien sûr d’induire chez la population le comportement souhaité sans mettre en avant de caractère obligatoire. J’avais à l’époque rédigé un billet en réaction à cette émission : Grippe A et vaccination : mettre en oeuvre la contrainte “douce” par la flatterie à la générosité ou la culpabilisation pour défaut de solidarité .
J’y reviens aujourd’hui car voici plusieurs fois que j’entends s’exprimer Philippe Kourilsky au sujet de son livre “Le Temps de l’altruisme” [1]. Et que nous dit-il en substance : que par-delà la générosité, il faut pratiquer l’altruisme. Quelle différence fait-il entre ces deux notions. La première est laissée à la libre appréciation de chacun. La seconde relèverait de notre devoir d’homme libre. Et cette liberté nous impose un devoir.Un devoir de solidarité à l’égard des plus démunis qui incomberait à ceux qui sont en situation de les aider. Suite à quoi il donne un exemple, au hasard : la vaccination contre la rougeole. Et de rappeler que voici 10 ans 800 000 enfants mourraient de cette maladie.Alors qu’un vaccin très peu onéreux existait qui faisait parfaitement l’affaire. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 200 000. La recette du succès ? La générosité de Bill Gates à travers sa fondation.
Oui mais voilà que se serait-il passé si M. Gates avait préféré investir sa générosité au service de l’art ? Et bien les 600 000 petits enfants pauvres sauvés resteraient sur le carreau ! Comprendre : il est de notre devoir d’institutionnaliser la solidarité. L’altruisme c’est ça : l’obligation morale [ à commencer par les Etats ] de consacrer des moyens aux causes justes.
Bon, à première vue le discours de ce monsieur part de louables intentions, est frappé au coin du bon sens et exhale un fumet d’humanisme plutôt équitable [ lapsus ;) ] agréable.
Oui mais voilà, quand on consulte le CV de Philippe Kourilsky, on ne peut s’empêcher de faire un pas en retrait. Parmi ses nombreuses casquettes : biologiste et immunologiste, directeur général honoraire de l’Institut Pasteur entre 2000 et 2005, conseiller de l’Institut Veolia Environnement, il est aussi professeur du Collège de France et membre de l’Académie des sciences. Il a exercé de nombreuses responsabilités touchant à l’administration de la recherche et aux applications de la génétique et de l’immunologie dans le secteur public et privé.
Que d’honorables fonctions certes (auxquelles il convient d’ajouter une promotion au titre de Commandeur de la Légion d’Honneur le 12 avril 2009). Cependant un réflexe de défiance prudence s’impose. Ce personnage multicarte est trop impliqué dans le système qui lui témoigne une réelle reconnaissance pour qu’on n’évalue pas son argumentaire à l’aune des intérêts qui peuvent le lier à l’industrie pharmaceutique. Ainsi l’institut Pasteur qu’il dirigea et où il enseigne toujours est au coeur du processus vaccinal en tant que centre de recherche et signataire de partenariat SanofiPasteur, la plus grande société dans le monde entièrement dédiée aux vaccins humains ainsi que cette entreprise se présente elle même sur son site.
Alors dans ces conditions, les diverses déclaration entendues dans le contexte de défiance de la population vis-à-vis de la campagne de vaccination massive autorise une lecture prudente. Une offensive communicationnelle menée à l’initiative des intérêts industriels concernés pour induire la bonne attitude de la part de la population rétive n’est pas à exclure. Gardons présent à l’esprit cette grille de lecture. En tout cas comme il le dit lui-même, Philippe Kourilsky n’a pas hésité à sortir de son champ de compétences pour aller prêcher l’altruisme !
Altruisme de sa part ? Au bénéfice d’intérêts pharmaceutique en difficultés (les vaccins sont une manne mirifique pour les laboratoires). Songez donc : il s’en crée de nouveaux tous les ans qui sont à renouveler régulièrement quand ce n’est fréquemment, parfois chaque année (dans le cas de la grippe par exemple)? Et quand on sait qu’il existe potentiellemetn un marché de plus de six milliard d’individus ! Croyez-vous un seul instant que les heureux bénéficiaires de cette manne sont gens à laisser passer un tel magot sous leur nez sans esquisser la moindre tentative d’y prélever leur part !
Hypothèse à surveiller comme le lait sur le feu par conséquent … On n’est jamais trop prudent n’est-ce pas ! Ce n’est pas notre gouvernement qui nous dira le contraire lui qui explique inlassablement pour sa défense que si bien trop de vaccins ont été commandés c’est au nom du principe de précaution (qui a bon dos).
1] On peut écouter (temporairement) deux émissions où il était invité :
- Les Matins de France Culture du 22 décembre
- Parenthèse du 02 01 2010